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	<title>contre-culture Archives - denis chollet</title>
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		<title>un microbe sous le musée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis Chollet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Mar 2021 16:07:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[contre-culture]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le domaine nommé autrefois «&#160;le Merveilleux scientifique&#160;» dans lequel excella l&#8217;écrivain français Maurice Renard, je retiens quelques lignes du récit Un homme chez les microbes. «&#160;En croyant qu&#8217;à mon retour je pourrais raconter aux hommes de la Terre tout ce que devais voir sur la planète Ourrh et notamment au Muséum, Agathos ne soupçonnait [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="373" class="elementor elementor-373">
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<!-- wp:paragraph -->
<p>Dans le domaine nommé autrefois «&nbsp;le Merveilleux scientifique&nbsp;» dans lequel excella l&#8217;écrivain français Maurice Renard, je retiens quelques lignes du récit <em>Un homme chez les microbes</em>.</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>«&nbsp;En croyant qu&#8217;à mon retour je pourrais raconter aux hommes de la Terre tout ce que devais voir sur la planète <em>Ourrh</em> et notamment au Muséum, Agathos ne soupçonnait pas qu&#8217;il lui faudrait employer plus de soixante ans à découvrir la formule de mon «&nbsp;regrandissement&nbsp;» (…) Nous descendîmes au fond de caves contenant les témoins de tout ce qui avait été détruit comme étant nuisible.(&#8230;) Des récipients enfermaient de louches bouillons de culture. Les plus terribles maladies, les épidémies les plus meurtrières, qui avaient jadis décimé la mandarinité, se trouvaient là (…) Agathos me dit, à ce sujet que la stérilisation à outrance avait failli faire périr tous les Mandarins, à cause des bons microbes qui sont nécessaires au maintient de la vie – qui sont peut-être la vie elle-même&nbsp;». Le récit date de 1928.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://scorpio717414795.files.wordpress.com/2021/03/dscn4084-saltimbanques-pic.jpg?w=1024" alt="" class="wp-image-378" /></figure>
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<!-- wp:paragraph -->
<p>Depuis longtemps, les musées «&nbsp;donnent à voir&nbsp;», comme aurait dit le poète Paul Eluard. Ils donnent aussi à toucher, à entendre, à sentir et même à goûter s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;art culinaire. Aujourd&#8217;hui, une mise en quarantaine des Terriens isole chacun de nous des œuvres et objets du passé lointain et moins lointain. D&#8217;habitude, une cyber-attaque garde son caractère éphémère et brutale. Elle est mortelle pour les computers mais pas pour l&#8217;informaticien. Elle est une attaque contre des informations stockées mais d&#8217;autres informations seront validées la semaine prochaine, sauvées ou non d&#8217;un <em>cloud</em> invisible mais réel. Devenu <em>invisible </em>à la faveur d&#8217;une épidémie mondiale, le Musée est lui aussi attaqué sur cet <em>imaginaire</em> hier analysé par André Malraux comme une confrontation d’œuvres parfois réunies grâce à l&#8217;inclination des collectionneurs, au hasard des donations, à la politique d&#8217;un ministère.</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>Pour ce qui est de l&#8217;exposition <em>Du Scorpion à Futuropolis </em>qui est une historiographie de la notion de <em>Bizarre </em>après la seconde guerre mondiale, nous butons sur le vocable «&nbsp;guerre&nbsp;». Ce qui fut invisible car voué à la destruction et non à la conservation dans les musées est entré après quelques décennies au Musée. Les images anciennes de Mickey Mouse et celles des paravents pour séances érotiques voisinent avec les statuettes et les lampes à huile égyptiennes. Les films dans lesquels le Justicier masqué ne masquait que le haut de son visage sans souci de protection de son nez ou de sa bouche voisinent avec la bande-annonce d&#8217;un météorite qui va bientôt frôler la Terre. Les mains d&#8217;officiers nazis écartant <em>l&#8217;art dégénéré </em>de l&#8217;art des paysagistes chéris du III Reich feront tomber demain comme hier les flocons de neige dans une boule en verroterie. Question de voir et question de visions accélérées, c&#8217;est ce qu&#8217;une telle exposition donne à voir. Hier temporaire, <em>du Scorpion à Futuropolis</em> au Musée museum de Gap devient par une torsion de l&#8217;espace-temps une exposition permanente, de la même façon que nous entrions il y a soixante-dix ans dans le cinéma permanent à n&#8217;importe qu&#8217;elle heure à l&#8217;instant d&#8217;un râle, d&#8217;un cri ou d&#8217;un fou rire, au moment même où les ailes du vampire giflaient le visage de la jeune fille en fuite.</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>Dans le souvenir du vol du tableau de <em>la Joconde</em> au Louvre par un compagnon d&#8217;infortune de Guillaume Apollinaire, toute aventure convoquant Arsène Lupin ou Rouletabille est encore possible. Je vous donne rendez-vous à Montmartre d&#8217;ici la fin de la circulation de ce virus à l&#8217;attaque des Terriens, une fête entre nostalgiques, entre Anciens et Modernes du cabaret le Chat Noir. En avance sur ce rendez-vous je vous envoie ce texte en vers de mirliton depuis la Butte :</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>épi</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>dé</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>mie</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>de</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>pain</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>aiguilles</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>de</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>pin</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>hé&nbsp;!</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>Pie</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>demain</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p><em>clé des champs</em> …</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p></p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:image {"id":381,"sizeSlug":"large","linkDestination":"none"} -->
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://scorpio717414795.files.wordpress.com/2021/03/dscn4065-vitrine-king-kong-pic.jpg?w=1024" alt="" class="wp-image-381" /></figure>
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		<title>jeunesse de robert crumb</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis Chollet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jan 2021 10:04:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[contre-culture]]></category>
		<category><![CDATA[freaks]]></category>
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					<description><![CDATA[Robert Crumb, né en 1943. L&#8217;importante exposition qui lui a été consacrée à Paris en 2012 ne fera pas oublier celui qui provoqua nos fous rires les plus mémorables en parallèle des détournements iconographiques et des textes majijuanesques publiés par la revue Actuel sous l&#8217;impulsion décisive de Jean-François Bizot. On retrouve en toute logique Robert [&#8230;]]]></description>
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<!-- wp:paragraph -->
<p><strong>Robert Crumb, né en 1943</strong>. L&#8217;importante exposition qui lui a été consacrée à Paris en 2012 ne fera pas oublier celui qui provoqua nos fous rires les plus mémorables en parallèle des détournements iconographiques et des textes majijuanesques publiés par la revue <em>Actuel</em> sous l&#8217;impulsion décisive de Jean-François Bizot. On retrouve en toute logique Robert Crumb en couverture de cet opus <em>Actuel par Actuel </em>(Dire/Stock 2, 1977), réalisé à partir du courrier des lecteurs, courrier que tout contestataire aux cheveux poivre et sel se doit de relire pour mieux comprendre le temps qui passe et que nous ne rattraperons pas en dépit des machines inspirées par H.G. Wells. Poèmes des amateurs de William Blake, coups de colère contre Giscard l&#8217;indécrottable, utopie et fromages de chèvre en Ardèche, départ imminent pour Katmandou, notre programme était bouclé. Une lectrice des «&nbsp;vieux&nbsp;» <em>Actuel </em>nous raconte qu&#8217;elle cherche pendant un long moment une pièce de 10 centimes sur le macadam afin de faire l&#8217;appoint pour payer son café et conseille aux enfants de bourgeois de laisser tomber si possible une pièce de 10 centimes sur le sol à l&#8217;attention des plus démunis. Tout Crumb est concentré dans ce témoignage. Plusieurs couvertures du fameux hebdomadaire pour les flippés ou les enragés furent réalisées à partir des dessins de Crumb&nbsp;: <em>Entretien avec Herbert Marcuse</em>, <em>Tout au bout de la route</em>, <em>C&#8217;est</em> <em>quoi la bonne vie&nbsp;?</em> La première compilation en langue française est parue grâce à Nova-press Actuel en 1971&nbsp;: <em>Headcomix</em>. En langue québecquoise, on peut relire la désopilante adaptation de Raymond Lavallée publiée en 1974 par <em>Mainmise</em> aux éditions des Egraz, chez les Suisses, avec par exemple cette réplique d&#8217;une héroïne nymphomane&nbsp;: «&nbsp;Môdit, j&#8217;peux même pu trouver un gars qui peut rester bandé un peu&nbsp;!&nbsp;»</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>La première exégète de l’œuvre iconoclaste de Crumb fut Marjorie Alessandrini qui publia une longue et passionnante analyse aux éditions Albin Michel dans une collection bien connue de Yves Frémion et de ses amis proches ou lointains. Ceux et celles qui écoutaient Bob Dylan en tenant un bâton de dynamite dans une main et un livre de Jean-Pol Sartre de l&#8217;autre, Nobel ou non, ont rigolé comme des baleines en compagnie de Snoïd, Mr Natural, Angelfood, Fritz the Cat et des <em>sisters</em> à la poitrine terriblement généreuse. Crumb a exploré jusqu&#8217;aux limites du grotesque cet «&nbsp;humour du souterrain&nbsp;» (Marjorie Alessandrini), un humour généreux comme les gros seins en liberté et grâce auquel les marginaux et les angoissés ont repoussé les murs de l&#8217;Establishment.</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>A noter que la couverture de l&#8217;ouvrage de Marjorie Alessandrini n&#8217;est pas signée Crumb mais Solé&nbsp;! On n&#8217;a rien perdu au change&nbsp;!</p>
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		<title>le rebelle n&#8217;est pas à vendre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis Chollet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jan 2021 09:54:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[contre-culture]]></category>
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					<description><![CDATA[Révolte consommée, édition L&#8217;Echappée Voici un essai déjà paru chez un autre éditeur en 2005 (Naïve) et de nouveau aux éditions L’Échappée dont j&#8217;ai déjà parlé dans Papiers Nickelés à propos des bistrots de naguère magnifiés par l&#8217;excentrique Jacques Yonnet ou à l&#8217;occasion de l&#8217;éditeur Jean-Jacques Pauvert à travers la biographie de Chantal Aubry. Cette [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="310" class="elementor elementor-310">
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<!-- /wp:image -->

<!-- wp:paragraph -->
<p></p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p><em><strong>Révolte consommée</strong></em><strong>, édition L&#8217;Echappée</strong></p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>Voici un essai déjà paru chez un autre éditeur en 2005 (Naïve) et de nouveau aux éditions L’Échappée dont j&#8217;ai déjà parlé dans <em>Papiers Nickelés</em> à propos des bistrots de naguère magnifiés par l&#8217;excentrique Jacques Yonnet ou à l&#8217;occasion de l&#8217;éditeur Jean-Jacques Pauvert à travers la biographie de Chantal Aubry. Cette fois, il s&#8217;agit d&#8217;un essai signé par deux universitaires venus du grand froid canadien. Il s&#8217;agissait pour eux deux d&#8217;en «&nbsp;finir avec le mythe de la contre-culture&nbsp;». Jean-François Bizot, Alain Dister ou Moëbius peuvent dormir au plus profond de leur cercueil, le vent de la contestation et de la jubilation sans retenue a passé, le vent lui-même est côté en bourse, bridé sous les éoliennes en plein océan. A la lecture de ce <em>Rebel Sell </em>(titre original) l&#8217;imagerie désuète de <em>Rebel without a cause </em>servira à peine aux jeunes gens amoureux désireux de coller des vignettes sur le classeur de géographie. Sans rire, cet essai irritera les derniers marxistes et enchantera les nombreux réformateurs à la mode. Les baby-boomers n&#8217;ont-ils déjà pas compris que toutes les portions de la rébellion étaient à vendre, toutes en parts de marché, en objets de collection pour finir en brocante quelques mois plus tard. Le fils du <em>Routard </em>porte des vêtements écolo-responsables et vérifie le contenu du shampoing acheté au rayon bio. Enhardi par les ultimes cours de la Bourse à Tokyo, sous les balles de fusils de terroristes convertis hier soir, il avance derrière les dunes à la recherche d&#8217;un puit de pétrole à acheter. Tintin arrivera-t-il à la rescousse&nbsp;?</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>Chaque mois, les salles de ventes aux enchères regorgent encore de ces images qui ont été crées et produites afin de maintenir l&#8217;éveil contestataire, la puissance de la caricature ou l&#8217;évasion par la déambulation onirique. A côté de centaines de feuilles originales ou imprimées, le béret de Groucho Marx ou celui de Che Guevarra décorent des tasses à café tenues par les happy-few attendant que le breuvage aromatique du Brésil ou du Vénézuela refroidisse. Adjugé&nbsp;!</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>Tel est la leçon qu&#8217;il convient de méditer devant sa propre bibliothèque ou discothèque ou cinémathèque&nbsp;: la contre-culture n&#8217;aurait été qu&#8217;une série de signes à destination d&#8217;une petite bourgeoisie conformiste inapte à transformer les sociétés, la société. Inutile de réviser avec ses enfants les thèses de Reich, Marcuse, Baudrillard, Vance Packard et autres compagnons de route qui ne confondaient pas le Nord avec le Sud&nbsp;: toute action anti-consumériste se soldera demain matin par une action contestataire également consumériste, inefficace pour le bien commun dans son intention subversive, désolante par son absence de programme sur la durée.</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>D&#8217;une génération à l&#8217;autre, nous sommes passés de la fascination pour l&#8217;automobile de marque à la fascination pour la chaussure de marque, nous enseignent ces deux professeurs, même si certaines d&#8217;entre elles sont depuis des années fabriquées par des mains d&#8217;enfants sous-payés. Selon eux, Antonio Gramsci s&#8217;est trompé d&#8217;objectif en désignant le futur foyer révolutionnaire de préférence dans la sphère culturelle et non dans la sphère de l&#8217;économie, puisque pour Joseph Heath et Andrew Potter, dans une société où les pulsions individuelles sont les agents de destruction de la civilisation tandis que la déviance se confond avec la dissidence, nous ne sommes pas en récession mais dans une période de « baisse du volume de la demande et de l&#8217;offre ». En conclusion, la rébellion ne serait rien d&#8217;autre que le moteur du système économique (p. 178 et suivantes). Croyons plutôt qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un moteur auxiliaire et offrons aux deux professeurs du Canada les images d&#8217;une modeste sélection de recueils choisis dans ma bibliothèque, honneur aux dessinateurs qui ont encouragé les Nickelés en chair et en os à penser, rêver ou sourire grâce à la contre-culture à défaut d&#8217;en finir avec la prolifération d&#8217;armes sur la planète. La rébellion est à vendre mais les rebelles ne le sont pas encore. Bonjour à Crumb, Tim, Rita Mercedes, Solé, Topor, Masereel, Siné, Delannoy …</p>
<!-- /wp:paragraph -->

<!-- wp:paragraph -->
<p>Denis Chollet</p>
<!-- /wp:paragraph -->						</div>
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